Québec

Pourquoi un tel Mur fortifié ?

POURQUOI Y A-T-IL
UN MUR FORTIFIÉ
QUI ENTOURE LE VIEUX-QUÉBEC ?

(Dans l'ensemble)

Dans l'ensemble, les raisons qui peuvent le mieux expliquer pourquoi les différentes sections du Mur fortifié du Vieux-Québec ont été constamment en cours de construction, d'entretien, d'amélioration et de reconstruction pendant plus de 400 ans sont les suivantes : des raisons avant tout reliées à l'emplacement exceptionnel de la ville de Québec (du fait que cette région constituait déjà « une forteresse naturelle » sans le Mur fortifié comme tel et qu'elle est pratiquement devenue « une forteresse surnaturelle » avec son ajout) ainsi que des raisons impériales, des raisons économiques et des raisons militaires aussi bien pour la France (de 1534 à 1759) que pour la Grande-Bretagne (de 1759 à 1866). Après 1867, l'embellissement urbain est devenu la principale raison de préserver, d'entretenir et d'améliorer le Mur fortifié du Vieux-Québec.

Examinons ces raisons de plus près...

Des raisons de « forteresse naturelle » — D'abord et avant tout, la ville de Québec était située à un endroit très spécial, vraiment très spécial, le long du fleuve Saint-Laurent. La navigation était difficile sur ce fleuve très long, à tel point qu'il était considéré comme un cauchemar pour tout navigateur. Il était connu et craint pour ses rochers, ses récifs, ses bancs de sable, son épais brouillard, ses traîtres courants et ses rapides montées de marée. Ajoutez à cela le rétrécissement du fleuve Saint-Laurent dans la région de Québec. Avec des canons placés à intervalles stratégiques au sommet des hautes falaises dominant les deux côtés de ce fleuve (le côté de la ville de Québec pour sa rive nord et le côté de la ville de Lévis pour sa rive sud), les forces armées ayant le contrôle de ces deux rives étaient en mesure de bombarder fortement tout navire ennemi qui tentait de passer entre elles. Le rude climat dans cette région jouait également un rôle clé : la glace, la neige et la température par grands froids compliquaient de beaucoup les choses pour tout ennemi potentiel pendant les nombreux mois d'un long et rigoureux hiver. Donc, voici exactement de quoi il s'agissait : d'un double promontoire fait de hautes falaises sur chacun de ses côtés qui dominait le fleuve Saint-Laurent et qui était idéalement situé pour construire un système de défense, incluant un Mur fortifié pratiquement inattaquable durant le long hiver et imprenable durant le reste de l'année.


Cette vue aérienne vous montre la Citadelle du côté de la ville de Québec, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, et vous permet aussi de voir clairement que les falaises de l'autre côté de ce fleuve (du côté de la ville de Lévis, sur la rive sud du Saint-Laurent) sont presque aussi hautes que les falaises du côté de la ville Québec, sur la rive nord. En tenant compte également du rétrécissement du fleuve Saint-Laurent dans cette région, tout cela a contribué à former une redoutable « forteresse naturelle » qui est devenue par la suite, avec l'ajout du Mur fortifié et de canons ou d'artillerie lourde des deux côtés de ce fleuve, une quasi imprenable « forteresse surnaturelle ».
© 2007 / Photo par Carl Pépin.
Source de cette image : ameriquefrancaise.org/en/article-443/Citadel_of_Quebec.html

Des raisons impériales — Le «Nouveau Monde », comme l'hémisphère occidental et plus spécialement le bloc continental des Amériques ont été appelés par les explorateurs européens à l'époque de l'Âge des grandes découvertes (entre le début du 15e siècle et le début du 17e siècle), était là, prêt à être exploré et éventuellement conquis. Pour des superpuissances européennes comme la France et la Grande-Bretagne, le désir de s'approprier de tels territoires, en ce qui concerne l'Amérique du Nord en particulier, était tout simplement irrésistible. Ces superpuissances européennes avaient toutes deux besoin de plus de colonies afin d'étendre leurs empires respectifs et l'Amérique du Nord constituait une cible de choix à ces fins. Cela explique pourquoi la construction, l'amélioration et le contrôle du Mur fortifié du Vieux-Québec revêtaient tellement d'importance pour chacune de ces deux superpuissances européennes. Une fois que tout a été dit et que tout a été réalisé, à partir d'une perspective historique d'ensemble, on peut constater que les Britanniques ont complété après 1759 ce que les Français avaient commencé à compter de 1608, soit : la construction et la consolidation d'un Mur fortifié de toute première importance en Amérique du Nord, impliquant le contrôle de tout le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent naviguant en direction de Montréal et des Grands Lacs depuis le nord-est de la ville de Québec aussi bien que le contrôle de tout le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent naviguant en direction du golfe du Saint-Laurent et de l'océan Atlantique depuis le sud-ouest de la ville de Québec.


Cette carte de l'Amérique du Nord datant de 1750 nous permet de constater qu'elle était alors tout à fait différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Les colonies britanniques étaient regroupées dans des territoires se trouvant à l'est de l'Amérique du Nord (en rouge) et les colons britanniques étaient essentiellement confinés à l'est des Appalaches. La Nouvelle-France (en bleu) englobait complètement les Grands Lacs et utilisait une stratégie fondée sur ses alliances avec des nations et des tribus amérindiennes qui étaient ennemies de la Grande-Bretagne. Il y avait aussi à cette époque des territoires qui appartenaient à l'Espagne (en beige)
Sources de cette image : Images de Google, celle-ci à partir de voileevasion.qc.ca/ et Wikimedia.org

Des raisons économiques — Alors que le navigateur et explorateur français Samuel de Champlain remontait le fleuve Saint-Laurent en 1608, l'année où il a fondé la ville de Québec, il était d'abord et avant tout à la recherche d'un emplacement afin d'établir un Poste pour la traite des fourrures, et c'est bien là ce qu'il fit. La nécessité de fortifier cet emplacement ne s'est manifestée que plus tard et a été en grande partie influencée par le besoin de protéger ce Poste pour la traite des fourrures contre les nations et les tribus amérindiennes qui étaient ennemies des Français (contre les Iroquois, en particulier, surtout au cours du 17e siècle) et aussi contre les Britanniques. Pour les Britanniques, la principale raison économique était le lucratif commerce du bois, parce qu'ils avaient grandement besoin de bois pour construire les navires de leur marine et aussi parce que le bois pouvait être trouvé en abondance dans cette partie du Nouveau Monde. Tout comme les Français avant eux, une fois qu'ils ont pris le contrôle du Mur fortifié du Vieux-Québec, les Britanniques ont senti le besoin de protéger leurs intérêts économiques contre leurs ennemis réels et potentiels. Ils ont senti le besoin de défendre la ville de Québec, leur principal port vers l'Europe, contre les Américains (qui ont attaqué Québec en 1775), contre les Français (qui ont tenté de reprendre Québec en 1760) et contre la population française qui vivait dans la ville de Québec (dont ils pensaient qu'elle pourrait éventuellement se révolter contre les autorités britanniques). Il est important de noter que le port de Québec était à cette époque-là et demeure encore de nos jours l'un des ports les plus importants en Amérique du Nord.


Cette peinture représentant la ville de Québec en bordure du fleuve Saint-Laurent, datant de 1840 environ, vous donne une bonne idée de la grande importance accordée au lucratif commerce du bois sous le Régime britannique. Elle vous montre en fait un dépôt de bois flottant sur le fleuve Saint-Laurent, sous les hautes falaises du Cap Diamant.
© 2009 Service des communications, Ville de Québec / Livre en français sur le 400e anniversaire de la ville de Québec, intitulé « Québec, ma ville, mon 400e » / Page 19 / à partir d'une peinture originale appelée « Port de Québec » par H. Adlard, vers 1840, aux Archives de la Ville de Québec / Image reproduite avec la permission des Archives de la Ville de Québec.

Des raisons militaires — Le site qui est maintenant occupé par la ville de Québec et sa région était déjà connu en 1608, mais le vaste potentiel défensif d'un tel site, unique en son genre, « là où le fleuve rétrécit », n'avait pas encore été exploité. Cela a changé rapidement, constamment et profondément... pendant les quelque 250 années qui ont suivi. Les stratèges militaires aussi bien français que britanniques ont compris cet incroyable potentiel défensif et ont cherché à l'exploiter dans toute la mesure du possible, ayant toujours à tenir compte du bon vouloir de la mère-patrie en ce qui concerne le financement relié à l'actualisation de leurs desseins militaires. Plus particulièrement, le côté faible du Mur fortifié du Vieux-Québec était son côté ouest, parce qu'il n'y avait pas de hautes falaises de ce côté-là qui auraient été capables d'offrir le formidable complément d'une « forteresse naturelle » au sommet de laquelle seraient venus s'ajouter de simples murs fortifiés ou remparts, comme ce fut le cas pour ses côtés nord, est et sud. Donc, parce qu'il était « naturellement » le plus vulnérable, c'était ce côté ouest du Mur fortifié qui demandait le plus d'attention. Dans l'ensemble, en tant qu'élément clé du système de défense pour la région de Québec, le Mur fortifié du Vieux-Québec a été mis à rude épreuve à cinq reprises au cours de sa longue histoire et a été renforcé après chacune de ces cinq grandes épreuves grâce à diverses améliorations. Ces cinq épreuves majeures sont survenues en 1629, 1690, 1759, 1760 et 1775. Elles seront bientôt examinées de plus près.


Cette gravure date de 1761. Elle vous montre le sud-est de la ville de Québec à cette époque tel que vu depuis la Pointe de Lévy (à Lévis et en face de la ville de Québec), sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Elle vous montre également le Cap Diamant dans toute sa splendeur ainsi qu'un navire de guerre britannique, en rade sur le fleuve Saint-Laurent juste devant Québec.
Crédit pour cette image : Bibliothèque et Archives Canada / Numéro d'accès 1989-283-1 / Numéro de référence pour reproduction C-000355 / Gravure par Richard Short intitulée « Vue de Québec, prise de la Pointe de Lévy » et datée du 1er septembre 1761.

Des raisons « d'embellissement urbain » — Après 1867 et la naissance de la Confédération canadienne, il fut de plus en plus clair que le Mur fortifié du Vieux-Québec était devenu de plus en plus désuet, militairement parlant, en raison des progrès de la technologie militaire. Les progrès de l'artillerie à fusils, en particulier, qui était devenue beaucoup plus puissante et beaucoup plus précise, avait transformé la façon dont les guerres étaient menées à cette époque. Le Mur fortifié du Vieux-Québec fut graduellement abandonné et beaucoup de ses pierres furent alors victimes de pillards. Après le départ des troupes britanniques en 1871, il ne resta plus assez d'hommes et d'argent pour effectuer des réparations. Et puis… c'est à ce moment-là qu'arriva le sauveur moderne et l'embellisseur de ce Mur fortifié du Vieux-Québec : Lord Dufferin, qui fut gouverneur général du Canada de 1872 à 1878. Quand il est arrivé au Canada en 1872, Lord Dufferin a été immédiatement séduit par la ville de Québec, par le charme particulier et les trésors architecturaux du Vieux-Québec et de son Mur fortifié, par les vestiges d'un passé légendaire. Par conséquent, il élabora un glorieux projet d'embellissement qui fut appelé « Le projet Dufferin ». Il réussit à concilier la modernisation et la conservation avec le développement d'un monument historique de gigantesques proportions. Ses conceptions furent si fascinantes qu'il obtint le soutien de toutes les sphères de la société à cette époque : l'opinion publique se retourna en sa faveur, la reine Victoria approuva son projet, et chaque administration publique (allant du conseil municipal de la Ville de Québec au gouvernement fédéral du Canada) contribua à sa réalisation. Aujourd'hui, le Vieux-Québec et son Mur fortifié sont considérés par l'UNESCO comme « un Site du patrimoine mondial ». La ville de Québec est l'une des destinations touristiques les plus prisées dans le monde. Et Lord Dufferin doit encore être tout sourire en pensant à l'histoire de sa réussite des plus étonnantes.


Voici une des conceptions de Lord Dufferin pour l'embellissement de la ville de Québec et de son Mur fortifié, entre 1872 et 1878. Il s'agit ici de sa conception originale pour la porte Saint-Jean.
Crédit pour cette image : Gravure datant de 1876 par Lord Dufferin et John Henry Walker / Disponible au Musée McCord sous le numéro d'accès M982.530.108.5 / Encre sur papier journal — Photolithographie.
Source de cette image : commons.wikimedia.org/wiki/File:Dufferin_Porte_St-Jean.jpg

ET MAINTENANT…

Maintenant que nous savons
ce à quoi ressemble le Mur fortifié du Vieux-Québec au 21e siècle,
avec toutes ses différentes sections,
et maintenant que nous comprenons les raisons pour lesquelles
il a été construit, préservé, entretenu et amélioré
pendant plus de 400 ans…

LE TEMPS EST VENU…

Pour une nouvelle aventure
dans la découverte du Mur fortifié du Vieux-Québec…

Le temps est venu…

DE « VOYAGER DANS LE TEMPS »...

Et pour cela,
nous aurons besoin d'un outil très spécial.

Donc, nous le ferons…

AVEC NOTRE UNIQUE
« MACHINE À VOYAGER
DANS LE TEMPS ».

Nous allons voyager dans le temps
et faire l'expérience par nous-mêmes
de la « vie » du Mur fortifié du Vieux-Québec.

ALLONS-Y !