Québec

« Le Gibraltar de l’Amérique du Nord »

Le Mur fortifié du Vieux-Québec
devient connu comme
« Le Gibraltar de l'Amérique du Nord »

(1832 à 1866)

Cette période (1832 à 1866) marque la fin du Régime britannique au Canada. C'est à cette époque également que le Mur fortifié du Vieux-Québec atteint son apogée par rapport à son utilité à des fins militaires, en tant qu'élément le plus important du système de défense de la ville de Québec. À tel point que vers le milieu du 19e siècle, après que la Citadelle permanente ait été achevée (y compris la majorité de ses bâtiments intérieurs), ce Mur fortifié du Vieux-Québec est appelé par Charles Dickens « Le Gibraltar de l'Amérique du Nord ».

1834 — Le Château Saint-Louis est détruit par un incendie au cours de la froide nuit du 25 janvier. Il brûle alors jusqu'au sol et est pratiquement réduit en cendres. Par la suite, il ne sera jamais reconstruit. La plupart de ses ruines seront démolies en 1838. Mais le site sur lequel le Château Saint-Louis a été construit, reconstruit et amélioré pendant près de deux siècles sera toujours considéré par les autorités de la ville de Québec comme un site remarquable et unique en son genre. Tant et si bien que seuls de grandioses projets comme la terrasse Durham en 1838 (qui deviendra éventuellement la terrasse Dufferin en 1879) et le Château Frontenac en 1893 vont plus tard être autorisés à occuper ce site des plus prestigieux.

1837 — Comme pour confirmer les appréhensions britanniques à l'effet que la population française de Québec pourrait se rebeller contre le Régime britannique, une révolte ouverte de « Patriotes » de langue française éclate dans le Bas-Canada (le Québec de l'époque) au cours de cet automne et de l'année suivante. Elle prend le nom de « Révolte des Patriotes ». Cette rébellion armée des Canadiens français contre la Grande-Bretagne est dirigée par Louis-Joseph Papineau après que les Britanniques aient rejeté en 1834 la liste de résolutions de son parti nationaliste, le « Parti Patriote », pour des réformes politiques. Mais la Révolte des Patriotes est matée avant qu'elle ne puisse avoir de conséquence directe sur la ville de Québec, alors que la plus grande partie de ce mouvement insurrectionnel est menée dans la vallée du Richelieu, le long de la rivière Richelieu.

1838 — Les ruines du Château Saint-Louis, qui a été détruit par un incendie en 1834, sont démolies pour la plupart. Puis une promenade impressionnante, appelée la « terrasse Durham », est construite sur le site que le Château Saint-Louis a précédemment occupé. Initialement, elle mesure environ 50 mètres (164 pieds) de longueur par 15 mètres (49 pieds) de largeur. Cette terrasse et ses agrandissements successifs contribueront de beaucoup par la suite à la protection de vestiges archéologiques provenant des quatre Forts Saint-Louis et des deux Châteaux Saint-Louis. Après 1980, ces vestiges seront révélés à la suite de fouilles archéologiques menées à cet endroit précis, sous la « terrasse Dufferin » à cette époque-là.

1840 — La porte de Hope, d'abord construite en 1790 puis restaurée en 1823, est fortifiée. Cette structure fortifiée durera jusqu'en 1873, quand elle sera démolie sans être reconstruite.

1842 — Alors qu'il visite la ville de Québec, Charles Dickens écrit qu'elle est devenue grâce à son Mur fortifié « Le Gibraltar de l'Amérique du Nord ». Cette déclaration de Dickens indique à sa manière que l'expansion du système de défense de la ville de Québec, y compris son Mur fortifié, atteint son apogée vers le milieu du 19e siècle. à cette époque, les propriétés militaires dans la ville de Québec occupent plus de 40 % de l'espace urbain qui se trouve à l'intérieur du Mur fortifié du Vieux-Québec.

1851 — Cette année marque la fin de la construction de la Citadelle permanente, avec l'achèvement de ses bâtiments intérieurs. Cette Citadelle permanente est également conçue pour servir de caserne (de bâtiment destiné au logement des troupes) et de dépôt d'armes. à ce moment-ci de son histoire, elle devient capable de loger entre 1 000 et 1 500 soldats avec tout leur équipement. Toutefois, il sera rare par la suite qu'autant de soldats y soient tous logés en même temps à titre de garnison.

1853 — La terrasse Durham, construite en 1838, est allongée en direction de la Citadelle permanente.

1864 — Parce qu'elle est devenue désuète en tant qu'élément du système de défense de la ville de Québec, la porte du Palais est démolie, sans être reconstruite par la suite. Auparavant, elle a été la toute première porte construite en 1691. Puis elle a été restaurée à deux reprises, en 1720 et en 1790. Démolie en 1823, elle a été reconstruite cette année-là.

1865 — Parce qu'elle est devenue désuète en tant qu'élément du système de défense de la ville de Québec, la porte Saint-Jean est démolie, mais elle sera reconstruite en 1867. Auparavant, elle a d'abord été construite en 1693. Puis elle a été reconstruite en 1720, restaurée en 1791 et remplacée en 1823.

1865 — Dans le contexte de la Guerre de Sécession américaine (aussi connue sous le nom de « Guerre civile américaine », entre 1861 et 1865) et plus particulièrement des gains réalisés par les États du Sud durant les premières années de cette guerre, les autorités britanniques craignent le pire et décident d'aller de l'avant avec l'extension du périmètre de défense autour de la ville de Québec, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Des forts séparés sont alors construits sur les hauteurs de la Pointe de Lévy, laquelle est située directement en face de la ville de Québec et de son Mur fortifié de l'autre côté du fleuve. Ces forts séparés sont conçus de manière à empêcher les Américains d'attaquer la ville de Québec et son Mur fortifié à partir du côté sud du fleuve Saint-Laurent. Dans la région de Québec, ce projet de construction s'avérera le tout dernier projet de construction réalisé par les Britanniques à des fins militaires.